Vers libres ondulants n°5
Chers visiteurs,
Voici une publication qui n'est autre qu'un poème inspiré par les œuvres de Louise Ackermann, la poétesse-philosophe pessimiste ; aussi y retrouverez-vous des allusions aux concepts bouddhistes et schopenhaueriens que je devrai présenter sur ce blog. Je reprends notamment le dharma en tant qu'univers, la symbolique du rond et du cercle comme symboles respectifs du Ciel et de la Terre, et la Volonté telle que définie par le grand philosophe Arthur Schopenhauer. Le poème, je le concède, est assez morose, mais les obstacles décrits ne doivent pas nous inciter à abandonner l'objectif d'érudition, bien au contraire : dans ce monde soumis au voile de Maya, au principe d'individuation, la connaissance, cette boussole, nous permet de toujours garder cap. Tout cela, je l'aborderai dans un prochain article, et en attendant, je vous souhaite une agréable lecture :
Dharmachakra de l'art Dvaravati (civilisation du VIème au XIème siècle) à Sri Thep en Thaïlande

Dharma inhumain
En ces temps assombris où la vie est l'étal
De toutes les horreurs apportées par les siècles,
Un affect négatif s'avérerait létal
Pour quiconque espérait que le monde est un cercle.
La souffrance est l'état initial du vivant,
L'ami Schopenhauer l'expliqua brillamment ;
Aussi l'on satisfait nos cœurs endoloris
Par des joies plus vaines qu'un repas de souris.
La Terre est bien carrée, honte à ceux qui le nient,
Auquel cas il n'y aurait telles ignominies ;
Vil consumérisme, de tes mains tu occis
Diligence et bonté qui se sont évanouies.
Sans boussole il devient ardu de se mouvoir ;
Trompés par l'apparent et le désir d'avoir,
Nous, humains facétieux, sommes souvent lésés :
La vie blesse dès que l'on croit la maîtriser.
La Volonté seule est, nul moyen de contrer
Les guets-apens tendus dans cet univers froid,
Hostile à tout savoir et tout élan d'émoi,
Dût-on s'y acquitter d'une dette abhorrée.
Débiteur insolvable qui lit cet écrit,
Sois prudent dans le cours du fleuve Ataraxie,
Voie d'une forme de prescience anachorète,
À l'abri des biais de cette nature abjecte.
Ménage donc ta barque des reflux futiles
Servis par ta personne, individualité
Asservie par ton corps, poussière volatile,
Délaissant de ce fait le dharma tout entier.
En vous souhaitant une vie harmonieuse !
